Plus que 10 Semaines pour Trump

Donald Trump prendra ses fonctions après son investiture officielle le 20 janvier 2017. Et les US sont présentement en période de transition, Trump étant le Président-Élu et Obama le Président en Exercice.

La transition présidentielle aux États-Unis est facilitée par un cadre juridique prédéfini. Le président élu poursuit actuellement ses consultations en vue de former la prochaine administration. Juridiquement encadrée par le Presidential Transition Act, cette période revêt un caractère crucial dans le processus puisqu’il doit permettre au futur président des États-Unis de choisir et nommer les principaux collaborateurs de son action : les Secrétaires d’État, c’est à dire les « ministres » de son cabinet, les dirigeants de l’appareil administratif fédéral et des agences fédérales.

Il y a indéniablement des noms de néoconservateurs qui circulent pour le poste de Secrétaire d’Etat (ministre des Affaires étrangères), celui de l’ancien maire de New-York Rudy Giuliani, mais aussi celui de John Bolton ou du sénateur Bob Corker qui préside la commission des Affaires étrangères, ont été avancés pour le poste de secrétaire d’Etat.

Plusieurs personnalités républicaines influentes, en particulier des néoconservateurs, dénoncent Donald Trump, et pour certaines, ont appellé à voter Hillary Clinton. Après Robert Kagan et Richard Armitage, Paul Wolfowitz, plusieurs poids lourds du parti républicain ont rendu public leur rejet de Donald Trump, et pour certains d’entre eux, ont voté Hillary Clinton. Dans un entretien publié par Der Spiegel, Paul Wolfowitz, ex-conseiller de George W. Bush a dit vouloir voter pour la candidate démocrate à la présidentielle, tant Donald Trump lui semble « inacceptable ». Paul Wolfowitz, comme Robert Kagan, sont des piliers du mouvement néoconservateur, qui a déterminé la politique étrangère de George W. Bush dont l’intervention en Irak en 2003. Ils sont inquiets de la volonté de repli de l’Amérique claironnée par Donald Trump.

Le milliardaire estime que les Etats-Unis n’ont pas à être le gendarme du monde, même si ses positions sur la Libye et l’Irak ont été fluctuantes. Selon Trump, les Etats-Unis doivent intervenir le moins possible hors de leurs frontières et uniquement lorsque leurs intérêts sont en jeu; les pays en difficulté doivent financer eux-mêmes leur défense. » Les néoconservateurs considèrent eux que l’Amérique doit assurer le leadership de la planète et « défendre les démocraties (notamment Israël), ou les régimes alliés qui, sans être démocratiques, contribuent à la lutte contre le totalitarisme.

Donald Trump a déjà nommé ses deux plus proches collaborateurs, soit son futur secrétaire général de la Maison Blanche, Reince Priebus, et un haut conseiller en charge de la stratégie, Steve Bannon, le patron du site d’information d’extrême droite « Breitbart ».

Cette période de transition entre novembre et janvier est également l’objet de procédures de vetting. Le « vetting process » répond à la volonté de vérifier que certaines personnalités sont bien en état et dignes d’assumer les fonctions auxquelles elles sont pressenties. Ce contrôle de la compatibilité d’un candidat avec l’exercice d’une fonction politiquement sensible au sein de l’appareil d’Etat (ministre, juge à la Cour suprême, candidat à la vice-présidence, patron d’une agence fédérale, ambassadeur, conseiller) se décline en deux volets.

Le premier consiste à soumettre à l’impétrant un questionnaire extrêmement détaillé, couvrant tous les aspects de sa vie. Ce document est élaboré par le FBI et le Bureau d’éthique gouvernementale, un organisme indépendant qui examine les possibles conflits d’intérêt.

Le second volet du « vetting process » relève de l’enquête de terrain proprement dite. C’est le staff présidentiel lui-même qui s’en charge, en dépêchant en général de jeunes stagiaires sur les terres du candidat pour, entre autres, vérifier certains points du questionnaire. S’y ajoute l’examen des capacités professionnelles de la personne, en fonction du poste concerné. Cette enquête préalable est d’autant plus cruciale que les nominations présidentielles sont soumises à l’approbation du Sénat.

Quoiqu’il en soit attendons l’équipe finale pour avoir une idée et, surtout, regardons les premiers 100 jours.

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7 thoughts on “Plus que 10 Semaines pour Trump

  1. Patrick Buisson : « L’élection de Trump, c’est le cri de révolte des enracinés du local contre les agités du global »

    Buisson – homme intelligent, cultivé et patriote – a été berné par la marionnette Sarkozy qui a pris une gifle hier après celle de 2012.

    Les électeurs de Trump risquent de vite comprendre qu’ils ont été manipulés quand ils verront tous les vieux canassons qui reviennent au pouvoir.

    Dicton pour les peuples
     »Cocus un jour, cocus toujours »

  2. QUE PENSE JP DE LA COUVERTURE DE THE ECONOMIST AVEC
    ‘THE WORLD IN 2017, PLANET TRUMP’.
    IL Y A DES CARTES DE TAROT.

    EST CE QUE JP PEUT NOUS DONNER SON AVIS ET DECRYPTER LES DESSINS ?
    THE ECONOMIST PEUT SORTIR DES INFOS COMME L’ANNONCE DES DTS EN 1988.

  3. Election de Trump: le Wisconsin pourrait recompter ses voix

    AFP
    Publié le 25/11/2016 à 05:09 | AFP

    Une ex candidate à la Maison Blanche, l’écologiste Jill Stein, a demandé de recompter les voix de la présidentielle américaine dans le Wisconsin, des experts parlant d' »anomalies » qui remettent de nouveau en cause un système électoral qui a fait triompher Donald Trump.

    Situé dans le nord du pays, le Wisconsin figure parmi les Etats très disputés de la présidentielle, remportée le 8 novembre au scrutin universel indirect et à la surprise générale par le milliardaire populiste républicain face à l’ancienne secrétaire d’Etat du président Barack Obama, Hillary Clinton.

    La démocrate a cependant concédé sa défaite et n’a pas à ce jour contesté les résultats.

    Traditionnellement démocrate, le Wisconsin a voté républicain pour la première fois depuis la réélection de Ronald Reagan en 1984.

    L’équipe de campagne de l’écologiste Jill Stein, qui a levé le 1,1 million de dollars nécessaire pour demander un nouveau décompte, a évoqué jeudi des « anomalies » dans cet Etat où étaient désignés 10 grands électeurs et dans deux autres Etats clés, la Pennsylvanie (est, 20 grands électeurs) et le Michigan (nord, 16 grands électeurs), remportés eux aussi de justesse par Donald Trump.

    Son ancien directeur de campagne David Cobb a expliqué que « ces dernières 48-72 heures, des experts en cybersécurité (…) nous ont donné des informations très troublantes sur la possibilité de failles en matière de sécurité dans les résultats électoraux à travers le pays ».

    Des spécialistes ont en effet invité le camp Clinton à recompter les voix dans ces trois Etats après avoir constaté qu’il manquait 7% de voix aux démocrates dans des comtés du Wisconsin ayant utilisé des machines électroniques, selon le New York Magazine.

    – La démographie, pas le piratage –

    Un de ces experts, Alex Halderman, professeur d’informatique à l’université du Michigan, a certes reconnu sur le site Medium que le vote manuel était plus sûr que le vote électronique. Beaucoup de ces spécialistes estiment que les procédures de vote électronique ne sont pas suffisamment sécurisées.

    Mais M. Halderman ne croit pas au piratage et pense que « l’explication la plus probable, c’est que les sondeurs se sont trompés ».

    Pour le statisticien électoral Nate Silver, le vote Trump, nourri par les voix de la classe ouvrière blanche non diplômée, « s’explique très bien par la démographie, pas par du piratage ».

    Recompter les voix dans le Wisconsin relance néanmoins la controverse sur la sécurité du système électoral américain, après une campagne lors de laquelle les Etats-Unis ont accusé la Russie d’avoir orchestré des piratages informatiques (du parti démocrate notamment) afin d’influencer la course.

    Une étude du Brennan Center for Justice de l’université de New York a trouvé que « les vieux équipements » de vote pouvaient être à risque. D’autres experts ont souligné aussi la fragilité des bases de données électorales.

    Mais le système est très décentralisé dans les Etats si bien qu’il n’y a pas de « point central d’entrée » pour les pirates, expliquait en octobre l’expert David Becker, du Center for Election Innovation and Research.

    – Doutes sur le scrutin –

    L’hypothèse d’un piratage relance aussi le débat sur la légitimité du scrutin, indirect à un tour, même si Hillary Clinton a concédé sa défaite au terme d’une campagne particulièrement acrimonieuse.

    La démocrate a en effet recueilli deux millions de voix de plus que son rival républicain, selon les calculs de sources officielles du Cook Political Report.

    Mais cette avance de 1,5 point de pourcentage de la démocrate ne change rien au résultat de l’élection, Donald Trump ayant remporté la majorité des grands électeurs (290 contre 232), porte d’entrée pour la Maison Blanche.

    Ce collège des grands électeurs, choisis avec soin par les partis auxquels ils restent loyaux, élira formellement M. Trump le 19 décembre, un mois avant son investiture le 20 janvier.

    Les partisans de ce système de grands électeurs, inscrit dans la Constitution, font valoir que si l’élection s’avérait serrée dans plusieurs Etats, un nouveau décompte des voix serait un cauchemar.

    Pour recompter les voix en Pennsylvanie, il faut lever 500.000 dollars avant le 28 novembre, et dans le Michigan il faut réunir 600.000 dollars d’ici le 30 novembre.

    25/11/2016 05:07:57 – Washington (AFP) – © 2016 AFP

  4. Trump, déjà président normal
    Décevra-t-il encore plus qu’Obama?

    Gil Mihaely
    Historien et directeur de la publication de Causeur.

    Publié le 10 novembre 2016 / Monde
    Causeur.fr

    Mots-clés : Barack Obama, Crise, Donald Trump, Populisme
    donald trump obama populisme
    Citations de Donald Trump sur le commerce, le climat, les relations avec la Chine, le Mexique ou la Russie © AFP Thomas SAINT-CRICQ, Sabrina BLANCHARD

    L’élection de Donald Trump est sans doute un événement de première importance tant la victoire de ce VRP de génie à la tête de la première puissance mondiale représente la dernière cartouche du système politico-économique actuel.
    Car, contrairement à ce qu’on peut croire, Trump a été élu après avoir joué le jeu.
    Il a certes joué brutalement et en enchaînant les transgressions mais sans jamais se faire disqualifier ou en rejeter les règles.
    Plus encore, il ne propose rien de vraiment original. Sur l’économie, l’immigration ou la géopolitique, ses positions, souvent contradictoires, ne sont pas révolutionnaires : tout a déjà été proposé et testé avec plus ou moins de succès. Quant à une supposée rupture avec les élites, après son discours de victoire hier matin, les illusions ne sont plus permises.

    Trump a non seulement rendu hommage à Hilary Clinton, la femme qu’il proposait, pas plus tard qu’avant-hier, de mettre en prison, mais il a enchaîné les banalités et les politesses, gommant en quinze minutes presque dix-huit mois de discours et de prises des positions en tous genres. Certes brutal, Trump reste un gentleman à la fin des fins. Que je sache, Lénine n’a pas serré la main de Nicolas II, pas plus que Robespierre n’avait rendu hommage à Louis-XVI pour ses services à la nation.

    Trump est allé jusqu’à remercier nommément de nombreux membres de son équipe en les invitant à se faire reconnaître : il avait à coeur de se montrer bien entouré, de rassurer en envoyant un message de continuité et en affichant son sens des responsabilités. Il a donc montré que, désormais, ce qu’il y avait de fou et d’original chez lui, autrement dit ce qui a fait rêver presque 60 millions d’Américains, n’est plus d’actualité.

    Bref, le premier message du président élu est le suivant : « La seule chose qui compte est la victoire. J’ai donc tout fait pour gagner, y compris vous faire croire ce que vous aviez envie de croire. Mais maintenant soyons adultes et sérieux, rentrez chez vous car j’ai le monde à gérer. » Aujourd’hui élu, il n’assume plus la radicalité et le potentiel transgressif de sa campagne…

    Si cela vous rassure, détrompez-vous. Si Trump déçoit, si d’ici un an les emplois ne sont pas de retour et la réalité reste peu ou prou ce qu’elle est aujourd’hui, vers qui les Américains abusés par le système vont se tourner ? Les électeurs déçus de Trump en viendront-ils à croire le candidat qui s’engagerait à tenir les engagements trahis du nouveau président ? Ou bien laisseront-ils tomber le système, pensant que rien de bon ne peut venir de la démocratie libérale ?

    Avec Trump dans l’arène, le dernier recours de Washington est mis à l’épreuve car, comme le démontre son discours de victoire, il reste malgré tout le « plan B » du système actuel. Le plan C risque d’être un jeu totalement différent.

    C’est pourquoi la nuit du 8-9 novembre 2016 est si importante dans l’histoire américaine. Trump aura été le châtiment infligé à Obama, sa punition pour avoir suscité un fol espoir qu’il ne pouvait que décevoir. Qui, dans quatre ans, punira Trump pour le même péché ?

    MERCI À JP DE DONNER SON AVIS

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